Samedi , 12 juillet 2014

« Le gaz chypriote rapportera des centaines de milliards d’euros »

PAR MARION-JEANNE LEFEBVRE.

INTERVIEW – Chypre possède d’importantes ressources gazières dans les mers du sud de l’île. Vice-président de la société publique d’hydrocarbures chypriote, Solon Kassinis assure que le gaz naturel sera extrait dès 2018.

Selon Solon Kassinis, le gaz chypriote pourrait rapporter des centaines de milliards d'euros d'ici la fin des années 2010 Selon Solon Kassinis, le gaz chypriote pourrait rapporter des centaines de milliards d’euros. (Crédit: Marion-Jeanne Lefebvre)

Quand l’île de Chypre pourra-t-elle commencer à extraire du gaz ?
Nous espérons effectuer les premières extractions et en récolter les fruits en 2017 ou 2018. Nous avons déjà attribué six parcelles sur 13, partagées entre six compagnies gazières. Total en possède deux mais c’est l’américain Noble Energy qui est le plus avancé dans son exploration. Ces compagnies possèderont 30% du gaz qu’elles produiront, le reste nous appartiendra. Nous l’exporterons dans toute l’Europe.

Quels coûts et bénéfices en escomptez-vous ?
Nous estimons les ressources à environ 60.000 milliards de pied cubes de gaz, soit des centaines de milliards d’euros. Et nous espérons la création de 5.000 à 10.000 emplois. Les compagnies gazières assument tous les coûts d’exploration, d’exploitation et de transport. Dans un premier temps, l’argent récolté ne servira probablement pas à rembourser la dette. Il sera réinvesti dans le développement de nouvelles parcelles et, peut-être, la construction d’un pipeline pour transporter le gaz jusqu’en Europe. Si nous réalisons ce projet, cela nous coûtera des milliards d’euros : comme nous ne pouvons pas passer par la Turquie, il faut rejoindre la Grèce, soit plus de 1.000 kilomètres de pipeline.

Pourquoi ne pas passer d’accord avec la Turquie ?
Passeriez-vous un accord avec quelqu’un qui vous a volé votre maison, qui a envahi votre pays ? Nous ne pouvons pas négocier avec un État qui ne reconnaît pas notre existence. Nous pourrons travailler avec les Turcs le jour où nous aurons opéré la réunification. Mais eux ne connaissent que la menace et l’agression. Dans cette situation, rien n’est possible.

Selon certaines rumeurs, la société russe Gazprom a proposé à Chypre de racheter sa dette (10 milliards d’euros) contre le droit d’exploiter des parcelles de gaz. Êtes-vous en contact avec eux ?
Je ne sais rien de ces rumeurs. Gazprom est le fournisseur de 38% du gaz turc, par conséquent nous ne négocions pas avec cette société. Nous ne leur attribuerons aucune parcelle. D’ailleurs, si nous le faisions, ils perdraient leur contrat avec la Turquie. Ils n’ont donc pas non plus intérêt à le faire.

 

A propos de Marion-Jeanne Lefebvre

Journaliste passionnée par l'économie et par les banlieues... Non, non, rien d'antinomique !

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